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Note aux lecteurs

Life Of Despair n'est pas mort et poursuit sa route, jettant un regard sans concession sur nous tous, cynique mais profondément humain. Son auteur manque simplement de disponibilité...de temps à autre.
Cependant, restez-nous fidèles, l'avenir s'écrit ici et nulle part ailleurs ! 2047, nous voici ! 

 

Lui

De longs mois à répéter, inlassablement, peu importe, peu m'importe. Oublier, les malentendus, les erreurs, des regards entrelacés pour quelques secondes, les lendemains qui n'existent pas et ne doivent pas exister. Avancer, toujours, refuser toute relecture du passé, ne pas s'étendre sur des fautes de goût florissantes. L'échine ne doit pas se courber, quoi qu'il en coûte. Aucune négociation, des faits, bruts, et une valse sans fin, enivrante...épuisante.
Il s'agissait alors d'incarner un tout, seul, et oublier les promesses, des tentatives, aussi touchantes que dangereuses. Bien sûr, il n'y avait là aucun accomplissement, simplement une beauté un peu plus usée chaque jour, une simplicité devenant futilité. De nuit en nuit, de lit en lit, j'écrivais le roman de ma vie. La plume devenait plus assurée, les ratures plus violentes, plus cinglantes.
L'époque où l'imagination n'avait plus lieu d'être, où rêver de lui une nuit pour se réveiller dans ses yeux était exclu. Fuir nuit après nuit, lui après lui, contemplant le champs de ruines appartenant à ceux qui se donnent pour mieux s'accomplir, ignorant la douleur d'un partage véritable, savourant un plaisir dépourvu d'engagement, ne laissant le temps pour rien.

C'était il y a déjà longtemps, quelques impulsions, signes d'un premier contact. Échanges florissants jusqu'au silence. Ce silence laissa libre cours à l'implacable rengaine, fuite en avant délibérée, liberté retrouvée au prix d'un être consumé. De cahots en désastres, "il" n'avait plus de visage, errant de mirage en mirage, "lui" était devenu le refuge du "moi". La fuite se poursuivait donc, sans obstacle, conduite par un être désormais dépourvu de réflexion...de lui en lui, ou peut-être de lit en lit, "moi" se perdît.

En ce royaume de nuits, le temps s'écoule, implacable à son tour. Incapable de desserrer les crocs, s'enfonçant dans un monde souterrain, le mouvement ne pouvait être brisé que par l'outrage, la première résistance à cet homme hautain. Il arriva, bien sûr, bien tard pourtant mais foudroyant, irrésistible. Il balaya cette insomnie au détour d'une nuit, au fond d'un lit. Une hésitation se transforma en échec, la folle journée était achevée.
Démesure durant laquelle tu étais là, toujours. Acteur silencieux et en retrait, écarté d'un revers de main mais persistant, insistant jusqu'à l'excès. Vague connaissance, entr'aperçue de si loin que les contours même restaient flous. Véritablement aperçue au détour d'une nuit, nuit au lendemain de laquelle un seul slogan pouvait tout résumer : "publicité mensongère". C'est ainsi que la folle journée continua, renforcée probablement par cet éclair de lucidité dont les conséquences étaient aussi sobres que claires...pas d'avenir et pourtant, l'insistance revînt, peut-être renforcée, probablement sincère, assurément dangereuse.
Et quand bien même, l'illusion reprît de plus belle. Une nuit et nous en sommes donc là, hésitant, apeurés, entravés. Il faudrait donc attendre...attendre...en espérant la divine inspiration, venue d'une divinité qui n'existe pas ? Jamais, inacceptable, insupportable, divinement détestable ! De lit en lit, on apprend à quel point le sommeil est un luxe peu nécessaire, de nuit en nuit, peut-être apprend-t-on le prix du réveil.
Soyons clairs, sans responsable ni coupable, il faudra pourtant bien admettre que le culte de la simplicité revient à magnifier les choses de peu de valeur. Insensible, personne ne l'a été en effet, sincère, ce fût essayé, un temps...pourrions-nous envisager d'être tout simplement, maintenant ? Sans fard, sans limite, le partage n'en serait que plus grand, et l'avenir tellement plus clair. Chaque seconde altère un peu plus ce lien déjà fragile...la rupture et c'est le lit. Beaucoup de choses ont été dites, l'essentiel probablement. N'ajoutons donc rien sur ce point et laissons sa chance à cette nuit. Il n'y a finalement pas de risque. Le pire ne consisterait qu'à reprendre cette valse nocturne, de lit en lit. Pourtant, la tentation existe...une nuit pourrait devenir un seul lui.

Le Prix Goncourt Gilles Leroy a initié une pétition :

"En ces jours de Sidaction et tandis que Benoît XVI poursuit sa tournée en Afrique, il est temps de demander au pape de retirer ses derniers propos sur le préservatif, qu'il accuse publiquement d'aggraver la propagation de la pandémie. «On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs»,  déclare-t-il. «Au contraire, leur utilisation aggrave le problème.» Une contrevérité si énorme ferait hausser les épaules si elle n'était dangereuse pour l'humanité entière.

Le pape est un guide spirituel dans de nombreux pays. A ce titre, son influence  morale est immense et c'est bien en cela que ses paroles pourraient avoir des conséquences criminelles:  sa responsabilité est au moins aussi grande que son influence. Curieux pasteur que celui qui conduirait ses brebis à une mort certaine. Il ne s'agit pas d'entrer dans un débat dogmatique, ni de faire injure à qui que ce soit. Il s'agit au contraire de respect et de mesure.  Il s'agit de nous tous, croyants et athées, laïques et religieux.

 

Certes, le chef de l'Eglise catholique est dans sa sphère lorsqu'il exhorte à la fidélité et à la chasteté.  Son prédécesseur ne prônait pas autre chose. Pour autant, jamais Jean-Paul II n'est parti en guerre contre le préservatif. Que signifie alors cette croisade? Où est le scandale dans ces  quelques milligrammes de latex qui empêchent la mort d'être portée et transmise aux générations? Serait-ce que le préservatif, en faisant obstacle au virus, contrarie  un  châtiment divin? Ou craindrait-on encore,  vieille lune,  qu'il n'incite à la débauche? C'est de miséricorde que nous avons besoin face au sida, pas d'errements intellectuels ni de controverse inutile.

Il faut imaginer le découragement et la colère des médecins, des associations, de tous les gouvernements à travers le monde qui luttent contre la pandémie, si, à sa descente d'avion, à peine  posé le premier pied sur le sol africain, le pape en deux phrases sape le travail de 25 années, réduit à rien les efforts  humains et financiers de la prévention mondiale.

Le respect mutuel, c'est aussi de ne pas détruire l'œuvre d'autrui
.

L'œuvre de celles et ceux, professionnels de la santé, bénévoles et personnel politique qui, jour après jour, depuis tant d'années, tentent  d'éradiquer la maladie et d'en enrayer la propagation.

«Il nous appartient en premier lieu de protéger la vie humaine», déclarait hier Benoît XVI  en visitant des malades camerounais. La cohérence, dès lors, l'honnêteté intellectuelle et la conscience de sa responsabilité lui indiquent la voie: il doit se rétracter."

Pour en savoir plus et vous joindre à cet appel, cliquez-ici.

Pétition initié par Alternatives Economiques, et soutenue par Marianne :

 

"Au moment où la crise provoque une vive remontée du chômage, en particulier chez les jeunes, il faut revenir sur les exonérations sociales et fiscales accordées aux heures supplémentaires. En effet, dans le contexte actuel, l’emploi doit être la priorité absolue de l’action des pouvoirs publics. Or, les exonérations fiscales et sociales décidées en 2007 ne visaient qu’à accroître le nombre des heures supplémentaires effectuées par les salariés déjà en activité. Et, en dépit de la récession, le nombre des heures supplémentaires déclarées a en effet progressé de près de 40 millions entre le quatrième trimestre de 2007 et la même période de 2008, soit l’équivalent de 90 000 emplois à plein temps. Ces mesures contribuent donc manifestement à dissuader les entreprises qui en auraient la possibilité d’embaucher des jeunes ou des chômeurs alors que les quelques trois à quatre milliards d’euros qui leur ont été consacrés en 2008 pourraient avantageusement être mis au service de la création d’emplois. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et au parlement d’abroger sans délai les mesures défiscalisant les heures supplémentaires et les exonérant de cotisations sociales."

Pour signer la pétition, cliquez-ici.

L'article ci-dessous est une reproduction d'un article de Libération en date du 12 mars 2009, écrit par Alain Damasio.

«Chasse aux sans-papiers», «dénonciation», «expulsion», «statistiques ethniques», «rafles», «interpellations de journalistes», «perquisitions», «offense au président de la République», «enfermement des mineurs», «pressions sur les avocats», «privatisation des prisons», «suppression du juge d’instruction», «test ADN», «Base élèves», «fichiers de police». Vous n’êtes pas en train de lire le dernier rapport d’Amnesty international sur le Congo. Vous êtes bien dans la section France du journal. Inspirez, expirez, vous êtes sous narcose Sarkozy. On va vous aider et aérer la chambre. Car ça continue comme ça sur 89 rubriques dans un abécédaire rigoureux et factuel, intitulé La France en libertés surveillées. Le livre a été écrit par le PS.

Il est sorti hier matin, par la bouche - osons la gueule - de Martine Aubry, qui en a découpé, devant une presse carnivore, les principaux morceaux de choix. «Un tract !» a aussitôt aboyé le caniche Copé, sifflé par son maître. Je dirais plutôt un acte, plus citoyen que politique, qui met enfin, après vingt mois d’activisme sarkozyste, «la France d’après» devant son miroir.


Le visage de Marianne est marqué, autant vous le dire. Ça sent la rafale de bourre-pifs ! Vous le saviez ? A peu près ? Moi aussi. Je «savais» pour les rafles répétées aux abords des écoles, je «savais» pour le contrôle actif des médias, la garde à vue de 144 heures pour les présumés terroristes, je «savais» pour l’internement d’office des schizophrènes… Pourtant, sous les salves, le crépitement des mesures, encore fallait-il dégager le plan d’ensemble. Le voici : ce livre «vise à décrypter ce qu’est le sarkozysme, cette certaine idée des libertés publiques, en mettant en lumière un triptyque ravageur : le traitement répressif de la précarité, l’étouffement généralisé des contre-pouvoirs et l’instauration d’une société de surveillance».


Dans ma tête, Michel Foucault agite son Surveiller et punir avec ses trois grands dispositifs de pouvoir : féodal, disciplinaire et normatif. Sarkozy, habilement, les réunit et les concentre. Ça doit être instinctif. «Personne n’a une connaissance totale de tout ce qui est en train de se passer», insiste Aubry. L’expression orale est fluide, sereine, la sincérité tangible sous l’exercice médiatique. Derrière elle, la tenture rouge siglée du poing à la rose vaut comme une boîte virtuelle qui indique que, de cet exposé, la machine visuelle abstrait déjà ses formats. Trente secondes, réponse courte. On devine ce qui restera de cette analyse argumentée : l’attaque politique, la petite phrase - et à ça, Aubry ne se plie pas, ou guère. C’est sa noblesse, sa limite aussi. Sa mise en scène est minimale, «ringarde» pour un photographe. Elle est tout simplement sobre, pas inélégante, là où l’empire du format la voudrait… royale et, au sens fort, «vulgarisée».

Elle se tient loin du populisme pénal de Sarkozy. La peine plancher par exemple : «Réponse simpliste à des actes graves et souvent complexes», rappelle-t-elle. Ou la rétention de sûreté qui nie un principe crucial de notre droit selon lequel tout individu n’est «responsable que des actes qu’il a commis, et non de ceux qu’il serait susceptible de commettre». Les militants de Tarnac apprécieront. La séance s’achève. Questions. Aubry rêve d’une «France douce». Les journalistes l’interrogent sur Total, le téléchargement, Benoît Hamon, l’Europe ou l’Otan. Les libertés publiques ? Ce n’est pas «chaud» apparemment. Le bouquin est déjà dans leur sac, plein de prostituées, d’homos, d’étrangers, de mineurs et de ravers, de clochards et de magistrats. Tous stigmatisés, tôt ou tard, normalisés ou punis au nom de notre Sécurité. «C’est donc bien l’impossibilité pour chaque citoyen de s’émanciper, de rompre avec les inégalités de destin et, plus largement, de "faire société" qui est contestée par la politique sarkozyenne» , dit joliment l’intro. L’intro ? Ben oui : il nous reste encore trois ans. Ou huit…

Rendez-vous sur le site Agir pour les libertés publiques...téléchargez La France en libertés surveillées.

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